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48 cadavres de chiroptères ont été retrouvés sous le parc éolien de la forêt de Lanouée entre le 12 juin et le 25 septembre 2023 lors de suivis de mortalité réalisés par Biotope. Ce bureau d’étude est missionné et payé par la société Boralex qui exploite ce parc inauguré en avril 2023. Ce cumul des mortalités brutes place ce parc (dès sa première année d’exploitation et malgré des mesures d’arrêts nocturnes partiels) au deuxième rang des parcs éoliens bretons les plus mortifères (et de très loin au premier rang si l’on considère ses quelques mois d’existence seulement).

 

Ce chiffre constitue une mortalité d’espèces protégées inacceptable, surtout lorsque l’on sait que la majorité des cadavres (qui ne pèsent que quelques grammes) n’est pas retrouvée. La présence de charognards et la végétation forestière trop dense limitent énormément la découverte de ces cadavres d’autant que 4 éoliennes sur les 17 ne font pas l’objet de recherches standardisées. Grâce à des formules mathématiques le bureau d’étude en charge des suivis devrait pouvoir estimer prochainement une fourchette minimale et maximale du nombre probable de chauves-souris tuées par ce parc de 17 éoliennes géantes (200 m de haut, nacelle à 132 m et rotor de 126 m). Grâce aux premières informations contenues dans le rapport de suivi de mortalité il en tout cas certain que ce parc a déjà tué plusieurs centaines de chauves-souris.

Ces niveaux de mortalité sont significatifs et impacteront durablement les populations de chauves-souris locales. Les chauves-souris se reproduisent lentement et ont des populations généralement peu abondantes et dispersées sur le territoire, les colonies de la forêt de Lanouée ne pourront, de toute évidence, pas supporter de nombreuses années une telle mortalité.  Les espèces de Pipistrelle (nous avons inventoriés 4 espèces de Pipistrelles en Bretagne) semblent être les victimes les plus régulières du parc. Ces espèces affichent pour la plupart des tendances d’évolution de populations à la baisse (source : MNHN vigie chiros) et leurs statuts de conservation, définis dans les listes rouges (Liste rouge nationale) par l’Union International de Conservation de la Nature, ne cessent de se dégrader.

 

Associé à Bretagne Vivante dans la lutte contre ce projet néfaste pour la biodiversité depuis 2014, nous déplorons aujourd’hui ce triste constat qui aurait pu être évité. Nous avons malheureusement la preuve de ce que nous avançons depuis des années : l’implantation d’éoliennes en forêt est incompatible avec les enjeux de préservation de la Biodiversité et l’État est défaillant dans l’application de la réglementation sur les espèces protégées et notamment lors de la phase d’instruction et de contrôle des parcs éoliens (manque de moyens humains notamment).

Pour faire cesser urgemment cette mortalité nous demandons :

  • l’arrête nocturne immédiat de toutes les éoliennes du parc éolien de la forêt de Lanouée

Pour éviter qu’un tel exemple se reproduise nous demandons à l’État :

  • l’arrêt du développement des parcs éoliens en forêt

Nous sommes persuadés que la réponse aux enjeux énergétiques de la Bretagne passe par une véritable planification concertée sur le territoire des parcs éoliens en évitant les zones sensibles pour la biodiversité. En parallèle, il est impératif de mettre en place une véritable politique visant la sobriété énergétique.

Communiqué de presse commun de Bretagne Vivante et du Groupe Mammalogique Breton

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