Enquête régionale sur le Hérisson d’Europe
Le Hérisson d’Europe est une espèce commune et attachante qui reste pourtant méconnue. S’il est régulièrement observé dans les jardins ou le long des chemins, nous ignorons l’état réel de ses populations. En effet, de nombreuses menaces pèsent sur l’espèce : pesticides, destruction des haies, collisions routières, morsures de chiens, canicules…
C’est pourquoi le Groupe Mammalogique Breton, association régionale d’étude et de protection des mammifères sauvages, lance une enquête participative sur l’espèce. Pour y prendre part, rien de plus simple. Dès que vous voyez un individu, il suffit de saisir en quelques clics cette observation sur notre plateforme en notant la date et la localisation précise. Ces données permettront, dans un premier temps, de mettre à jour la carte régionale de répartition de l’espèce.
Le lancement de cette enquête portée par France Nature Environnement (dont le GMB est membre) intervient dans le cadre de “La Fête des Hérissons” proposée par France Nature Environnement, dont le GMB est membre.
Hérisson, qui es tu ?
Le Hérisson d’Europe est un petit mammifère pesant environ 600 grammes. Il se caractérise par des piquants, environ 5000, orientables en tous sens, d’une musculature remarquable qui lui permet de se mettre en boule pendant des heures, de longues vibrisses pour se guider et protéger les yeux et d’une truffe mobile. Il fréquente tous types d’habitats mais surtout des milieux ouverts bas (pelouses, prairies, dunes…) à proximité d’éléments verticaux (haies, lisières forestières). Depuis plusieurs années, l’espèce est également bien présente en zone périurbaine où il échappe à ses prédateurs.
Actif la nuit, il recherche sa nourriture, principalement des invertébrés (limaces, vers de terre, chenilles, escargots,…) mais aussi fruits, œufs, charognes, en se déplaçant lentement le nez au sol, creusant avec des trous, soulevant des écorces avec groin ou inspectant les bouses.
Sans pelage isolant et sans proies hivernales, le Hérisson entre en léthargie de l’automne au début du printemps, dans un nid qu’il confectionne. Il utilise les tas de végétaux (feuilles mortes, branches de ronces, d’arbustes, de graminées, etc.) comme nids mais peut aussi trouver refuge dans les haies, boisements, ronciers, voire vides sanitaires, bâches, tôles. Ces gîtes servent à hiverner, à se protéger et à élever les jeunes. Le Hérisson est un mammifère solitaire qui évite ses congénères, excepté en période d’accouplement. Le nombre de portées par an est d’une voire deux de 4 à 5 petits chacune. Ces jeunes seront allaités pendant huit semaines et apprennent à chasser dès 10 jours en suivant leur mère. L’espérance de vie moyenne d’un Hérisson est de deux ans. Entre 60 et 70 % des jeunes n’atteindront pas l’âge d’un an. Ces principaux prédateurs sont le blaireau, les rapaces et les corvidés mais les activités humaines constituent ses plus grandes menaces, notamment la mortalité routière, l’empoisonnement par les vermifuges et insecticides ingérés par leurs proies ou directement ou la destruction de ses habitats. Le brûlage des tas de feuilles, les tondeuses et débroussailleuses le blessent et le tuent régulièrement, de même que les piscines, mares et regards de canalisation qui peuvent lui être fatals.
Quel est l’état des populations ?
En France, le Hérisson est classé en « Préoccupation mineure » (UICN France 2017). Mais en 2024, le statut mondial du Hérisson est passé de « Préoccupation mineure » (UICN Monde 2016) à « Quasi menacé ». Si le Hérisson est présent dans quasiment toute la France, les quelques suivis tendent à indiquer une très forte diminution des populations à la campagne, l’espèce se maintenant en milieu urbain. Mais les travaux de suivi sont très rares et nous manquons d’informations pour évaluer l’évolution de l’espèce dans la région. La première étape est donc de mettre à jour la répartition régionale de l’espèce.
Comment accueillir le hérisson dans son jardin ?
Il existe plusieurs actions assez simples pour favoriser l’accueil de ce petit mammifère.
- Offrez-lui de nouveaux gîtes : d’un simple tas de bois ou de foin, une cavité entre les pierres basses d’un muret ou un gîte artificiel acheté ou bricolé ! Vous serez peut-être récompensés mais il est possible que le Hérisson installe son gîte dans un endroit inattendu !
- Laissez-le tranquille l’hiver : ne déplacez pas les tas de feuilles, de bois, de compost, etc. pendant l’hiver. Si vous devez débroussailler ou broyer des végétaux en hiver, tâtez du pied ou de la main avant d’agir pour vérifier l’absence de hérissons hivernant. Attention aussi à la période des naissances. En cas de découverte d’une portée dans un tas de bois, de feuilles ou de foin, recouvrez vite le tout et n’y touchez plus !
- Laissez-le se déplacer : un hérisson a besoin de plusieurs hectares. Évitez de clore hermétiquement votre jardin et laissez quelques trous d’au moins 10 cm de large et 7 de haut dans les grillages ou les murs (sauf le long d’une route !). Aujourd’hui, des citoyennes et citoyens se mobilisent pour permettent aux hérissons de circuler entre les jardins comme l’opération “100 jardins pour le Hérisson” à Langueux (22) ou Piquenville en Normandie.
- Attention aux dangers : n’utilisez pas de pesticides chimiques (anti-limaces par exemple),ni de produits de lutte biologique (nématodes, phosphate ferrique…). Des alternatives existent (cendres, coquilles d’oeuf, piège à bière). Bouchez également les accès dangereux aux départs des canalisations, regards de gouttière, etc. avec du grillage fin. Enfin, placez des planchettes ou des cordes en bord de piscine ou de mare pour qu’il puisse remonter sur la berge et éviter ainsi la noyade.
Il n’est pas nécessaire de nourrir les hérissons ! Si le Hérisson apprécie la gamelle de votre animal de compagnie, elle ne lui est pas vitale et peut même avoir l’effet inverse (surpoids). Votre jardin doit lui fournir une nourriture naturellement tout au long de sa phase active. Vous pouvez par contre lui offrir un point d’eau, surtout en période de sécheresse qui sera également profitable à d’autres espèces.
Et si je découvre un Hérisson ?
Croiser un hérisson ne signifie pas qu’il est forcément en détresse. Il est important de ne pas se précipiter pour le ramasser l’individu et apprécier la situation afin d’identifier si l’animal est réellement en difficulté. Rappeler vous également que le Hérisson est une espèce protégée et qu’il est interdit : ” l’atteinte aux spécimens (destruction, mutilation, capture ou enlèvement des animaux quelque soit leur stade de développement) ; la perturbation intentionnelle des animaux dans le milieu naturel ; la détention, le transport,la naturalisation, le colportage, la mise en vente, la vente ou l’achat”.
Lorsqu’un hérisson est découvert en journée, il est donc important de ne pas se précipiter pour éviter de ramasser un individu en bonne santé. S’il ne bouge pas, semble peu vif, couché sur le côté ou à plat ventre ou s’il semble blessé ou infesté par des mouches, œufs ou larves, la situation peut s’avérer préoccupante. Contactez le Service SOS Faune Sauvage Bretagne (02 57 63 13 13) qui vous orientera vers le centre de soins le plus proche. GMB n’est pas un centre de soin et n’es pas autorisé à récupérer les hérissons.


