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Notre association est régulièrement sollicitée dans le cadre de l’implantation et de l’exploitation de projets d’énergies renouvelables, principalement les parcs éoliens et les centrales photovoltaïques. Elle est favorable au développement de ces nouvelles sources d’énergie, car le changement climatique constitue une menace croissante pour la faune et la flore. Malgré tout, celles-ci génèrent des impacts directs et indirects sur la biodiversité et sur les habitats naturels ou semi-naturels. Suite à un séminaire organisé sur cette thématique en 2024, nous avons défini des positions pour que l’enjeu de préservation des populations de Mammifères en Bretagne soit réellement pris en compte.

 

Sobriété !

Les nouveaux modes de production d’énergie ne participeront à la limitation des impacts du changement climatique et à la décarbonation de nos modes de vie qu’à l’unique condition qu’elles soient accompagnées par la mise en œuvre d’une réelle politique de sobriété énergétique. Les différentes mesures développées en ce sens ne sont aujourd’hui pas suffisamment ambitieuses pour faire baisser de façon significative les besoins de la France en énergie primaire. Certaines mesures de sobriété, comme la rénovation thermique des bâtiments – qui détruit de nombreux gîtes d’espèces protégées – mériteraient d’être mieux accompagnées pour la prise en compte de la biodiversité. Nous déplorons ce manque de considération des espèces protégées (chauves-souris notamment) dans ce projet pourtant vertueux.

 

Photovoltaïque

L’essor récent du photovoltaïque en France permet à peine d’entrevoir son impact sur la biodiversité. Les premières études concluent cependant à des effets pouvant être significatifs sur des espèces comme les chauves-souris qui peuvent confondre les panneaux lisses avec des étendues d’eau sur lesquelles elles s’épuisent en vain à s’abreuver. Des altérations d’habitats modifiant les cortèges et densités faunistiques (pollinisateurs notamment) et floristiques sont également rapportées. Les mesures de gestion et de sécurisation des centrales (clôtures et obligation légale de débroussaillement) génèrent de la fragmentation et de la perte d’habitats parfois sur des surfaces importantes. Les travaux de raccordement de ces centrales ont également des conséquences sur les habitats, parfois sur des distances importantes, impliquant de fortes déperditions énergétiques.

Aussi le GMB  :

  • est opposé à l’implantation de centrales photovoltaïques dans les milieux naturels et agricoles : forêts, landes, étangs, prairies, zones bocagères,…,
  • est favorable au développement des centrales photovoltaïques dans les milieux anthropisés comme les friches industrielles et portuaires, les parkings (ombrières) et les toitures (avec prise en compte préalable des espèces antropophiles).

 

Panneaux solaires idéalement placés dans une zone industrielle (freepik)

 

Éolien 

Les impacts du grand éolien sont quant à eux bien mieux connus, notamment ceux sur la faune volante, en raison d’un développement débuté en Bretagne à la fin des années 1990. Certaines espèces de Chiroptères menacées comme les Noctules et les Pipistrelles sont les plus sensibles aux impacts de mortalité par collision ou barotraumatisme (voir notre communiqué de presse inter associatif de 2021 sur ce sujet). Les effets répulsifs (turbulences, bruits, spots lumineux…) semblent toucher toutes les espèces de Chiroptères et génèrent des pertes importantes de territoires de chasse. La saturation actuelle de l’espace encore « développable » en Bretagne après prise en compte des enjeux autres que la biodiversité (distance des habitations, servitude aérienne, zones militaires, protection du paysage,…) induit un développement actuel et à venir dans les derniers cœurs de biodiversité de Bretagne (forêts et landes).

Le GMB  :

  • rappelle que l’évitement des impacts doit être une priorité
  • est opposé au développement du grand éolien terrestre en forêt et dans les milieux naturels à forte valeur patrimoniale,
  • souhaite la généralisation de l’obtention des demandes de dérogation à la destruction d’espèces protégées,
  • demande l’obligation de plans de bridage efficaces pour tous les parcs éoliens y compris les parcs éoliens offshore,
  • réclame l’instauration de zones sans éoliennes terrestres dans les bastions sud-est de la région pour préserver les populations de Noctule commune (espèce menacée par le développement du grand éolien),
  • rappelle qu’en raison de la ratification des accords Eurobats par la France, il est nécessaire d’observer un éloignement de 200 mètres entre les structures arborées et les éoliennes,
  • est favorable à l’étude de solutions alternatives pour regagner des surfaces « développables » hors zones d’intérêt pour la biodiversité.

La transition énergétique ne doit pas se faire au détriment d’une biodiversité déjà très fortement malmenée. Bien au contraire, des écosystèmes préservés seront bien plus résilients face aux modifications climatiques déjà à l’œuvre.

Certaines éoliennes, mal placées, ont des impacts négatifs sur les chauves-souris, comme ici en pleine forêt de Lanouée (56)


ou ici dans les Landes de Couesmés (56), où ont été trouvés de nombreux cadavres de chauves-souris au pied des éoliennes.


L’isolation par l’extérieur peut être l’occasion d’insérer des nichoirs à chauves-souris (ici les bureaux d’une collectivité)

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