Légende – Présence par bassin versant :

Présence permanente

population sédentaire sur la majeure partie du bassin

Présence localisée

Indices réguliers sur un ou plusieurs secteurs du bassin

Présence sporadique

Observations ou indices isolés dans l’espace et le temps

Absence

 

On désigne par semi-aquatiques les 7 espèces de mammifères terrestres utilisant les milieux aquatiques pour au moins une partie de leurs fonctions vitales (alimentation, déplacement, reproduction…).

La qualité exceptionnelle de leur fourrure a eu deux conséquences néfastes. Le piégeage a amené le Castor et la Loutre au bord de l’extinction au cours du XXe siècle et l’élevage d’espèces exotiques – le Vison d’Amérique, le Ragondin et le Rat musqué -, s’est soldé par des échappées dans le milieu naturel, entrainant des perturbations dans les équilibres biologiques.

A ce phénomène s’est ajoutée la dégradation drastique des milieux aquatiques. Ainsi, la France a perdu les deux tiers de ses zones humides au cours du XXe siècle. Ceci a entrainé la régression des populations de Campagnol amphibie et de Crossope aquatique.

Enfin, le Vison d’Europe a aujourd’hui disparu de la région pour des raisons indéterminées.

photo : Johan Chervaux

La Loutre d’Europe

La Loutre est le mammifère terrestre le mieux adapté à l’élément aquatique : elle possède des pattes palmées, une queue taillée pour la propulsion, une vision sous l’eau et une fourrure exceptionnellement dense (60 à 80 000 poils au cm² contre 200 à 600 pour un chien). En breton, Loutre se dit Ki-dour (chien d’eau).

Mesurant 1 m à 1m30 pour, en moyenne, 6 à 8 kg, elle fréquente l’ensemble des milieux aquatiques : rivières, ruisseaux, plans d’eau, marais et littoral. Elle se nourrit avant tout de poissons, mais aussi d’amphibiens, d’insectes, de crustacés, et parfois de petits mammifères, de reptiles et d’oiseaux d’eau.

Ses populations sont fragiles en raison de capacités de reproduction limitées et d’une forte mortalité. Après un recul spectaculaire au cours du XXème siècle en raison de la chasse et du piégeage puis de la dégradation de ses habitats, elle reconquiert lentement, depuis sa mise en protection en 1981, les cours d’eau dont elle avait disparu. Le Groupe Mammalogique Breton accompagne cette recolonisation par diverses actions de protection.

L’Epreinte

Cette lettre de liaison du réseau des observateurs de la Loutre en Bretagne permet aux participants d’être informés de l’usage de leurs données (signalements d’observations, d’indices, prospections, recensement de mortalité…).

Chaque numéro présente un dossier thématique (évolution de la répartition, bilan de la mortalité routière, bilan des autopsies, actions de conservation…), les dernières évolutions des fronts de recolonisation et des informations diverses sur l’espèce ou les mammifères semi-aquatiques.

Les dernières numéros de l’Epreinte

Epreinte, n°4

16 janvier 2013

L’Epreinte, n°3

16 août 2011

L’Epreinte, n°2

16 juin 2010

L’Epreinte, n°1

16 septembre 2009

photo : Sylvain Richier

Le Castor d’Europe

Le Castor, plus gros rongeur d’Europe, présente des adaptations à la nage (fourrure, pattes arrières palmées, queue plate multifonctions…), mais également des caractéristiques originales, telles que des « mains » préhensiles, des incisives et des mâchoires capables de couper du bois, un système digestif adapté à l’ingestion d’éléments ligneux.

Il mesure entre 90 et 120 cm (dont 25 à 40 cm pour la queue) pour un poids de 21 kg en moyenne. Il fréquente les cours d’eau bordés d’une végétation riche en arbres à bois tendre (saules) et en plantes herbacées des zones humides dont il se nourrit. Le Castor est un bâtisseur : il construit parfois des barrages de branchages, de vase et de végétaux aquatiques pour maintenir l’entrée de son terrier immergée.

Les retenues ainsi créées jouent un rôle de régulation du niveau d’eau et sont très favorables à la biodiversité, de nombreuses autres espèces en profitant (invertébrés aquatiques, insectes, batraciens, poissons, autres mammifères semi-aquatiques).

Au bord de l’extinction au début du XXème siècle, il a été protégé dès 1909, puis réintroduit dans plusieurs régions dont la Bretagne. Une dizaine d’individus ont ainsi été relâchés dans les Monts d’Arrée à la fin des années 1960. L’espèce s’est alors établie sur quelques cours d’eau autour de la cuvette du Yeun Elez mais a depuis peu progressé : seul un petit secteur à l’amont de l’Aulne a été colonisé. On estime qu’une dizaine de groupes familiaux vivent dans le Finistère. A l’autre bout de la région, le Castor revient en Loire-Atlantique, recolonisant la Loire depuis les sites de réintroduction en région Centre.

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Coupe en sifflet et traces de dents de Castor
photo : Franck Simonnet

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Barrage de Castor dans le Yeun Elez

photo : Franck Simonnet

Castor fiber Castor d'Europe Castor reniflant son dépôt de castoreum avant de renouveller son marquage territoriale

Castor d’Europe | photo : Sylvain Richier

Photo : Boris Varry

Le Campagnol amphibie

Autrefois appelé « Rat d’eau », le Campagnol amphibie est un gros campagnol (16 à 22 cm) qui vit dans la végétation des berges de cours d’eau et des zones humides et n’existe qu’en France et sur la péninsule ibérique. Il affectionne la végétation herbacée humide dense (joncs, roseaux, carex…). Il est principalement végétarien, se nourrissant de plantes aquatiques ou rivulaires.

Considéré comme commun il y a encore 30 ans, il semble avoir fortement régressé depuis. Cette régression pourrait avoir pour cause la dégradation de ses habitats, l’introduction du Rat musqué et du Ragondin (éventuelle compétition) et l’utilisation d’anticoagulants contre ces derniers. L’introduction du Vison d’Amérique, prédateur, a pu avoir un impact localement.

Les prospections de terrain menées en Bretagne depuis 2007 montrent que l’espèce y est encore bien représentée, tout au moins à l’Ouest d’une ligne Lannion-Nantes. Les populations apparaissent cependant fragmentées, les habitats de l’espèce souffrant de deux phénomènes opposés : l’intensification de l’agriculture et la déprise agricole.

En effet, dans les zones où l’agriculture (mais aussi l’urbanisation) a artificialisé ou homogénéisé la végétation des rives (et parfois réduit les linéaires hydrographiques), l’espèce trouve peu de sites propices, tandis qu’elle voit ses habitats régresser là où les fonds de vallée ne sont plus exploités.