Les dernières actualités

Les naturalistes en lutte se rejoignent dans le bocage de Notre-Dame-des-Landes

Mieux connaître l’état des populations des mammifères et leurs moeurs est le premier outil de la protection et est indispensable pour pouvoir mettre en place des mesures conservatoires.

7 Arrêtés Préfectoraux de Protection de Biotope « Chiroptères » tout frais en Loire-Atlantique

Le GMB a mis en place un réseau de sites protégés pour les mammifères dont 33 Havres de paix pour la loutre. Le GMB est gestionnaire de 10 sites protégés arrêtés préfectoraux de protection de biotope.

Comptez vos colonies de chauves-souris !

Pour atteindre son objectif de protection des mammifères sauvages et de leurs habitats, le GMB a besoin de connaître l’état et l’évolution des populations. Travail qui repose en grande partie sur les bénévoles qui communiquent régulièrement leurs observations.

Sensibiliser

Le travail d’information sur la vulnérabilité des espèces et sur leur biologie est un énorme travail qui est incontournable si on souhaite inverser la régression des espèces qui souffrent parfois d’une incroyable méconnaissance par le public.

 

Une Grande noctule de passage sur l’île d’Hoëdic (56)

Ce mammifère n’avait pas été observé en Bretagne depuis 1987…

Le 3 octobre 2017, des naturalistes venus observer la migration des oiseaux sur l’île d’Hoëdic (56) en ont profité pour réaliser une soirée d’écoute d’ultrasons de chauves-souris. Leur attention a été attirée par des sons audibles (ce qui est rare) attribuables à une chauves-souris. L’analyse de l’enregistrement réalisé a permis de confirmer l’espèce : Grande noctule (Nyctalus lasiopterus). Cette donnée est la deuxième mention de l’espèce en Bretagne. La précédente observation remonte à un peu plus de 30 ans quand le cadavre d’un mâle avait été récupéré dans une salle de classe au Faouët (56) en juin 1987.

Avec ses 45 cm d’envergure, la Grande noctule est la plus grande chauve-souris d’Europe. Autre particularité, en plus d’insectes, son régime alimentaire est composé de petits passereaux. La présence d’un individu à Hoëdic est d’ailleurs peut-être à mettre en lien avec le flux migratoire d’oiseaux sur le littoral breton.

Ces dernières années, cette espèce rare a été principalement repérée dans le sud de la France. Les populations les plus proches sont situées en région Nouvelle-Aquitaine. Nous ignorons si les animaux contactés en Bretagne sont des migrateurs ou des individus erratiques.

Comme toutes les chauves-souris migratrices, la Grande noctule est particulièrement menacée par la mise en place d’éoliennes (Onshore et Offshore).

A ce jour, 22 espèces de chauves-souris ont été recensées en région Bretagne, dont 5 sur l’île d’Hoëdic. Pour en savoir plus, voir l’Atlas des Mammifères édité en 2015.

Les observateurs : 2017 : Marion Jansana, Loïc Jomat, Lucile Jomat, Emilien Jomat, Ondine Filippi et Michel Barataud, 1987 : Nadine Nicolas et Daniel Carcreff.

A découvrir : petit reportage sur la recherche de la Grande Noctule dans le Puy de Dôme.

Illustration de l’article : Grande noctule (Fabien Sané – ALEPE)

Déclarations récentes d’une présence possible du Loup en Bretagne, l’avis du Groupe Mammalogique Breton

Le Groupe Mammalogique Breton (GMB) est une association régionale d’étude et de protection des mammifères sauvages et de leurs habitats fondée en 1988. Le GMB anime plusieurs réseaux d’observateurs qui ont notamment contribué, ces dernières années, à recenser les espèces terrestres du territoire ; inventaire qui a fait l’objet en 2015 de la publication de l’Atlas des Mammifères de Bretagne.

Début novembre 2017, la presse régionale s’est fait l’écho d’une possible présence du Loup en Bretagne, dans une forêt des Côtes d’Armor.

Le retour du Loup (Canis lupus) en France, constaté en 1992, s’opère depuis lors, basé sur la dispersion puis l’installation spontanée d’individus issus de la population qui s’est maintenue sans rupture en Italie. Ainsi s’est créée une population sur le sol français, en continuité avec la population d’origine. S’étoffant peu à peu et tant bien que mal, elle progresse par la dispersion des membres surnuméraires des meutes (groupes familiaux) qui partent à la recherche d’un espace leur pourvoyant le gîte et le couvert (ressource alimentaire et zone de tranquillité suffisante).

Ainsi, pour peu qu’on ne l’interdise pas, l’arrivée d’un individu de l’espèce en Bretagne est théoriquement possible à un horizon bien difficile à préciser. Cependant, à ce jour, le Groupe Mammalogique Breton ne dispose d’aucune information étayée lui permettant de supposer une présence effective de l’espèce dans la région. En outre, l’association invite les médias et la population à prendre avec une grande prudence les annonces faisant état d’une possible présence. En effet, le Loup est une espèce qui inspire nombre de fantasmes, tant relatifs aux conséquences de sa présence qu’à son observation.

Par ailleurs, le GMB renouvelle sa volonté d’œuvrer pour la cohabitation de l’Homme et de la faune sauvage en Bretagne. Un possible retour du Loup dans la région mérite donc sérieux ainsi que discussion avec toutes les personnes ou les catégories socioprofessionnelles se sentant concernées.

Illustration, site de la Préfecture de la Nièvre.

Mise en ligne du Guide technique pour la construction d’abris à Chauves-souris

Depuis les années 1980, des nichoirs à chauves-souris de grandes tailles sont mis en place aux États-Unis. Un guide présentant les résultats obtenus et les techniques utilisées a été édité en 2013. Une traduction en français de ce document vient d’être réalisée par une quinzaine de bénévoles ayant répondu à un appel du Groupe Mammalogique Breton.

Dans les prochaines semaines, le GMB va constituer un groupe de travail pour réaliser au moins deux nichoirs en Haute et Basse-Bretagne. Si vous souhaitez participer à ces constructions, merci de nous le signaler.

Si d’autres projets émergent en Bretagne historique ou ailleurs, nous serions très intéressés d’avoir un retour sur les techniques utilisées et les résultats.

Contact

Guide technique pour la construction d’abris pour les chauves-souris par Merlin D. Tuttle, Mark Kiser et Selena Kiser

Deux nouveaux sites à chauves-souris protégés par des arrêtés de protection de biotope en Loire-Atlantique

L’Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope (APPB) est un outil conservatoire qui permet de réglementer les activités sur un site en vue de préserver son intérêt pour la nature. Les sites à chauves-souris protégés par des APPB sont souvent des cavités souterraines ou des bâtiments publics, tels que les églises. La mise en place d’un APPB sur un gîte à chauves-souris vise à « garantir la conservation du biotope nécessaire à la reproduction, au repos et à la survie des chauves-souris ». Concrètement, pour un comble d’église, avant tous travaux sur les combles occupés par les chauves-souris, le GMB doit être informé pour apporter ses conseils sur les risques de dérangement, les périodes à éviter, les accès à conserver… Le GMB réalise également le suivi des colonies et informe les propriétaires de l’évolution des effectifs.

Deux sites viennent de rejoindre le réseau des gîtes à chauves-souris protégés de Loire-Atlantique. Il s’agit des combles des églises de Saint-Molf et de Joué-sur-Erdre, qui toutes deux hébergent de fragiles colonies de grands murins. La Loire-Atlantique a désormais 11 sites à chauves-souris classés en APPB.

En Bretagne, Loire-Atlantique incluse, 132 sites à chauves-souris sont aujourd’hui protégés de différentes manières (APPB, convention, acquisition…) à l’initiative du Groupe Mammalogique Breton et de l’association Bretagne Vivante. A cela, il faut ajouter les 160 Refuges pour les chauves-souris.

Voir la carte des 82 réserves à chauves-souris du GMB

Voir la carte du réseau des Refuges à chauves-souris