On nomme communément Micromammifères les 20 espèces bretonnes de petits rongeurs et insectivores pensant moins de 250 grammes.

Chacune de ces espèces a une biologie différente. Les musaraignes se nourrissent d’invertébrés, tandis que les campagnols, muridés (mulots, rats et souris) et gliridés (Lérot et Muscardin) de graines et de végétaux. Certaines creusent des terriers, d’autres construisent des nids.

Leur observation est très difficile en raison de leurs mœurs discrètes et de leur petite taille.

Les inventaires naturalistes se font essentiellement par l’analyse des restes osseux trouvés dans les pelotes de rejection des rapaces. D’autres techniques sont parfois utilisées comme la pose de pièges non-vulnérants ou la recherche de restes de repas.

Les Micromammifères, au taux de reproduction élevé, sont la proie de nombreux prédateurs. De ce fait, ils sont indispensables à l’équilibre écologique de nos campagnes et doivent faire l’objet de toute notre attention. Ainsi, certaines espèces du bocage ont vu leur nombre diminuer, conséquence directe de la modernisation agricole. La destruction des talus, des zones humides, l’utilisation de biocides et l’urbanisation sont autant de menaces.

photo : Xavier Rozec

La Crossope aquatique

La Crossope aquatique est une musaraigne adaptée à la vie aquatique. Elle est recouverte d’une fourrure dense aux propriétés hydrophobes et possède des larges pattes adaptées à la nage. Dotée d’une salive toxique et capable de se déplacer au fond des cours d’eau, elle chasse activement crustacés, larves aquatiques, vers, batraciens et petits poissons. Elle fréquente une grande variété de milieux aquatiques : cours d’eau rapides ou lents, canaux, drains, mares, étangs et littoral.

La diminution des zones humides, l’artificialisation des berges, ainsi que la pollution des eaux semble avoir entraîné une diminution des populations. Ceci justifie son statut d’espèce protégée par la loi. La localisation des populations se fait par l’analyse de pelotes de réjection et la collecte de crottes. En Bretagne, la Crossope aquatique est plus fréquente dans la partie occidentale.

La Crossope aquatique et le Muscardin sont protégées par la Loi

 

Crossope_aquatique_XR (8)photo : Xavier Rozec

PhotoLaëtitia2Piège à crottes de Crossope
photo : Laëtitia Cloître

PhotoLaëtitia1Crotte de Crossope avec restes d’invertébrés
photo : Laëtitia Cloître

Photo : Benoit Baudin

Le Muscardin

Le Muscardin est un petit rongeur arboricole de couleur dorée muni d’une longue queue touffue préhensile. Il affectionne les lisières forestières, les parcelles en régénération, les sous-bois denses, les haies et d’une manière générale la végétation buissonnante. Il se nourrit de fruits, graines et bourgeons. En été, il établit ses nids dans les buissons et les ronciers où il circule avec agilité. En hiver, il hiberne au sol sous la végétation.

Depuis 2005, un important travail de collecte de noisettes rongées a permis de préciser la répartition de l’espèce. D’autres éléments de sa biologie restent toutefois à préciser afin de proposer des éléments pour la conservation de cette espèce protégée. En effet, les populations françaises seraient en recul en raison de la diminution de ses habitats.

muscardin EHolder_BretagneVivantephoto : Emmanuel Holder

Noisette_muscardin_Josselin_Boireau_GMBNoisettes rongée par le Muscardin
photo : Josselin Boireau

NidMuscardinPascalRolland3 Nid de Muscardin
photo : Pascal Rolland

Le Lérot

Ce petit rongeur est très facile à reconnaître, avec son masque noir autour des yeux et sa queue touffue terminée par un pinceau noir et blanc. Il fréquente les forêts de feuillus et de résineux, les vergers, la végétation buissonnante, jusque dans les jardins et les parcs, mais aussi les habitations. Très bagarreur, nocturne, il se fait remarquer au printemps lors de ses cavalcades dans nos greniers. Agile, il peut « courir » sur les murs ! Plutôt carnivore, il consomme toutes sortes d’invertébrés, œufs, voire même grenouilles, lézards ou petits mammifères.

Il apprécie aussi les bourgeons, graines, fruits… voire nos réserves de pommes ou de noix, qu’il consomme parfois directement dans les arbres. Le Lérot hiberne d’octobre à avril mais se réveille régulièrement pour consommer un peu des réserves de fruits secs qu’il s’est constituées. Il peut alors s’installer dans des caves, trous de murs … où il se confectionne un nid avec tous les matériaux qu’il trouve. En Bretagne, sa présence n’a été rapportée que dans l’est et le sud-est.

lerot8b_F_Arquischphoto : Fabrice Arquisch

lerot6b_F_ArquischFlagrant délit de pillage d’une mangeoire pour oiseaux
photo : Fabrice Arquisch

CarteLérotRépartition du Lérot en Bretagne