Élaboration d’une stratégie de suivi des chiroptères anthropophiles au gite

Rédigé par | octobre 02, 2019 | | Pas de commentaires

Mélanie Darnault, étudiante de Master à Rennes, a réalisé son stage de fin d’études au GMB sur les comptages de chauves-souris au gîte conduits depuis 20 ans été comme hiver en Bretagne. Son travail a permis d’établir des tendances robustes d’évolution des populations pour cette période (croissance du Grand rhinolophe, forte expansion du Murin à Oreilles échancrées, probable stabilité du Petit rhinolophe, et situation contrastée du Grand murin) et de déterminer l’effort de suivi (nombre de gîtes à dénombrer) qu’il est nécessaire de maintenir en Bretagne pour pouvoir continuer à détecter l’évolution des populations dans le futur.

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Résumé :

La diminution généralisée de la biodiversité nécessite une connaissance fine de l’état de santé des populations chez divers taxons : la connaissance permettant ainsi d’envisager des méthodes de conservation adaptées. De par les menaces auxquelles ils sont soumis, les chiroptères forment un taxon intéressant permettant d’appréhender les notions de tendances de population. En région Bretagne, grâce au travail des bénévoles depuis une vingtaine d’années, des données de suivis de gites sont disponibles. L’étude vise ainsi, en s’appuyant sur ces données, à définir un contexte physique et démographique des sites suivis (par des analyses descriptives et un modèle linéaire généralisé), à étudier l’effort de suivi et le ressenti des observateurs (par un modèle segmenté, un test de corrélation de Pearson et une enquête sociologique analysée de façon descriptive), à définir s’il existe des tendances de population significatives (par des modèles linéaires généralisés avec effet aléatoire) et enfin à définir une optimisation du protocole de suivi actuel (par modèles linéaires généralisés avec effet aléatoire avec simulation par itérations en fonction de réduction du jeu de données , par calcul de ∆R²). Des tendances de populations significativement croissantes ont pu être définies pour Rhinolophus ferrumequinum (période hivernale), Myotis myotis (périodes estivales) et Myotis emarginatus (périodes estivales et hivernales) tandis qu’elles sont non significatives pour Rhinolophus ferrumequinum (période estivale) et Rhinolophus hipposideros (périodes estivales et hivernales). Des dates optimales de réalisation des suivis ont été définies. La méthode utilisée a permis de déterminer un nombre de site minimal à suivre pour détecter des tendances de populations significatives et quelles sont les colonies à suivre pour les obtenir. L’étude pourrait ainsi être considérée comme préliminaire pour proposer une méthode à large échelle visant à définir des tendances significatives tout en valorisant le travail du réseau associatif et en communiquant sur les résultats obtenus.